> La Commune

Un cadre physique aux potentialités économiques non négligeables, mais difficiles à mettre en valeur.

Bénéficiant d’une moyenne pluviométrique annuelle de 1.250 mm, la commune de Ouinhi est située sur un relief constitué de bas plateaux (peu contraignant pour les activités économiques 11 à 62 m). Elle jouit d’un climat sub-équatorial qui a contribué à la formation de sols plus ou moins fertiles et portant une végétation variée.

- un réseau hydrographique mal maîtrisé : la commune de Ouinhi dispose d’une section de 40 km du fleuve Ouémé, tributaire des rivières Ouègbo, Esselé, Ahokou, Monzoun grossis de quelques ruisseaux et complétés par une quarantaine de lacs, étangs et plans d’eau de cuvettes ou bas-fonds couvrant un peu plus de 600 ha. Les énormes masses d’eau véhiculées pendant les saisons pluvieuses sont encore mal maîtrisées par les populations qui subissent des sinistres qu’elles occasionnent lors des crues exceptionnelles.

Ouinhi : une commune en pleine transition démographique

Sur le plan humain, les ethnies et les langues sont : les Fon et apparentés (89,4%), les Holli (4,3%), les Yorubas (3,3),1%) qui pratiquent principalement le catholicisme (39,4%), les religions traditionnelles (11,9%), le protestantisme (8,5%) et l’islam (8,5%).

- la situation démographique révèle une population totale estimée en 2002 à 38.319 habitants répartis dans 5496 ménages dont 4869 ruraux (88,59%) ayant une taille moyenne de 5,1.La population de la commune a augmenté de 74,47 % entre 1979 et 2002 soit un taux d’accroissement moyen de 2,42% par an, conséquence d’un taux d’accroissement élevé consécutif à une augmentation sensible du taux de natalité : 50,96 ‰ en 2002 contre 41,05‰ en 1992) et une augmentation remarquable du taux de fécondité : 220,50‰ en 2002 contre 190,72 ‰ en 1992.

Les pyramides des âges de la commune de Ouinhi, avec leur base très élargie et leur sommet effilé, montrent, au cours des trois recensements, une forte proportion des jeunes de moins de 20 ans, un nombre restreint de personnes âgées (plus de 60 ans) et un effectif féminin plus élevé que celui des hommes : 51,20% de femmes et 48,80% d’hommes.

A cet effet, le rapport de masculinité est de 0,95 à l’échelle de la commune en 2002

Une population active dominée par le monde agricole

La population active de la commune de Ouinhi exerce en grande majorité dans le secteur de l’agriculture, de la pêche et de la chasse (59%). Le secteur de la restauration et du commerce occupe 28% de la population active, l’industrie manufacturière 6% et 13% qui se répartit dans les autres secteurs d’activités tels que l’industrie extractive, les bâtiments et travaux publics. La répartition par sexe du travail place les hommes en tête dans tous les secteurs d’activité sauf dans l’industrie manufacturière (67,90% contre 32,09% pour les hommes), dans le commerce et la restauration (95,03% contre 4,96% pour les hommes) qui sont les domaines réservés aux femmes.

Des ressources minières gaspillées sans un plan judicieux d’exploitation

Le sous-sol de la commune de Ouinhi est certes peu exploré amenant à le qualifier de pauvre. Cependant, on note quelques ressources dont les plus importantes sont le sable et les gravillons et accessoirement la latérite. D’importantes carrières de sable, de gravillons et de latérite ont été recensées dans tous les arrondissements. Mais partout les constats se résument à : prélèvement inorganisé, non définition des normes de gestion et de valorisation, monopsone exercés par les clients… Tout ceci occasionne des rares revenus maigres issus de l’exploitation, où l’exploitant (lorsqu’il existe) et les collectivités locales sont les grands perdants.

Au total, le système d’exploitation actuel n’est pas performant et ne génère que de maigres ressources aux exploitants, revenus qui ne pourraient compenser les dégâts écologiques présents et futurs engendrés.

Les sources thermales : La commune dispose de plusieurs sources thermales localisées dans les villages Zaloko (2), Monzoungoudo, Ahicon et Ganhounmè

L’exploitation industrielle n’est pas encore effective et pourrait même être impossible du fait que ces sources thermales sont utilisées à des fins domestiques avec l’insuffisance d’eau que connaît la commune.

Les ressources minières non encore explorées : Des indices de formation calcaire ont été décelés à Ahizè. Par ailleurs, le forage d’un château d’eau à Zounguè dans l’arrondissement de Dasso a été arrêté suite à la présence de calcaire dénotant de l’existence d’un gisement de calcaire que la recherche pourrait évaluer et en déterminer l’exploitabilité.

Enfin, dans l’arrondissement de Sagon, un gisement de chaux a été identifié et marqué à Gankou depuis les années 1940 par la société Socol. Depuis, aucune disposition n’a été prise pour son évaluation et exploitation effectives.

Des ressources forestières détruites 

La végétation est composée de savanes boisées, de palmeraies, des forêts galeries et quelques rares forêts naturelles en voie de disparition sous l’influence anthropique.

Les îlots de forêts encore existants se résument aux forêts galeries de petites étendues, des forêts associées au culte du fétiche Oro. Le mot zoun désignant forêt ressort dans les dénominatifs de nombreux villages (Tozoungo, Zounguê, Zoungomè, Monzoungodo…) et montre l’importance des ressources sylvicoles dans cette commune, il y a encore une vingtaine d’années. Malheureusement, le bois de chauffe utilisé pour les transformations agroalimentaires, l’installation des cultures (surtout le coton) et les feux de brousse non contrôlés sont les principaux éléments responsables de la dégradation des forêts.

A côté, le culte Oro, présent dans la plupart des villages a permis de conserver une certaine partie des forêts dont la superficie par village avoisine parfois le demi hectare.

Des ressources hydrauliques peu rentabilisées

Les cours d’eau qui traversent la Commune de Ouinhi et les plans d’eau, sont présentés sur la carte des ressources de la Commune.

La commune de Ouinhi est parcourue sur toute sa longueur par le fleuve Ouémé (environ 40 km). On dénote également plus de 40 lacs et ruisseaux. Au niveau des plans d’eau, leur accès est libre en période de crue et contrôlé par les propriétaires le reste de l’année quitte à une exploitation successive à travers un calendrier établi de commun accord avec les autorités locales. Pour la gestion des plans d’eau, des conflits sont observés au niveau des familles. Les autres problèmes autour des points d’eau se résument à : la pullulation de jacinthe d’eau, la grande profondeur, la présence de sauriens etc.